Ah, la France ! Ce merveilleux pays où, quand les citoyens réclament de quoi vivre dignement, le gouvernement semble avoir du mal à trouver des solutions. Mais quand il s’agit de sortir les blindés, les hélicoptères, le RAID et le GIGN, là, curieusement, les moyens ne manquent plus !
Pour le samedi 24 octobre 2026, le gouvernement annonce un dispositif sécuritaire massif pour encadrer les manifestations.
Officiellement, il s’agit d’arrêter les casseurs. Très bien.
Mais Madame Râleuse se pose une question qui risque de déranger sérieusement :
Et si tout ce déploiement de force avait aussi un autre objectif ? Celui de dissuader les Français de manifester ?
Parce qu’après les images du 17 octobre, où des manifestants non violents ont également été frappés par des policiers, difficile de ne pas s’interroger.
RAID, GIGN, Sentinelle, blindés, hélicoptères… Toute cette armada est-elle réellement destinée aux seuls casseurs ? Ou cherche-t-on aussi à faire comprendre aux citoyens qu’il vaudrait mieux rester chez eux ?
Car soyons sérieux deux minutes : quand on annonce un dispositif aussi impressionnant avant même qu’une manifestation ait commencé, quel message envoie-t-on aux Français qui souhaitent simplement exercer leur droit de manifester ?
Celui de la protection ? Ou celui de l’intimidation ?
Et surtout, qui peut garantir que les manifestants pacifiques ne recevront pas, une fois encore, des coups injustifiés ? Et après les images du 17 octobre, comment leur demander de ne pas s’inquiéter ?
Madame Râleuse aimerait bien le savoir.
Parce qu’entre maintenir l’ordre et maintenir le peuple à la maison, il n’y a qu’un pas. Et ce pas-là, il serait particulièrement inquiétant de le franchir !
24 octobre : Sentinelle, RAID, GIGN… le gouvernement sort l’artillerie lourde
Mardi 20 octobre, Laurent Nuñez a annoncé un renforcement exceptionnel du dispositif de maintien de l’ordre.
Au programme : militaires de Sentinelle, RAID, GIGN, BRI, hélicoptères, blindés Centaure et engins lanceurs d’eau.
On attend encore les chars Leclerc et les avions de chasse pour compléter la collection.
Officiellement, ces moyens doivent empêcher les violences, les pillages et les destructions constatés lors des manifestations du 17 octobre.
Et qu’on soit bien clairs : les individus qui détruisent des commerces, incendient des bâtiments ou agressent des personnes doivent répondre de leurs actes… Certes. Mais voilà…
Il y a une différence entre arrêter des casseurs et cogner sur des citoyens qui n’ont rien cassé.
Et les images du 17 octobre nous obligent justement à rappeler cette différence.
Violences policières du 17 octobre : non, tous les manifestants frappés n’étaient pas des casseurs !
C’est précisément ce que certains semblent avoir oublié dans leurs beaux discours sur le retour à l’ordre.
Le 17 octobre, des scènes de violences policières ont été filmées et documentées.
Selon l’enquête publiée par StreetPress le 20 octobre, rue de Rivoli, à Paris, des manifestants assis, les mains levées, ont été chargés par des policiers. Des coups de matraque auraient été portés à plusieurs personnes restées au sol.
Rue Bergère, d’autres images examinées par le média montrent des manifestants frappés, dont certains à terre, sans comportement menaçant apparent.
Des témoignages font également état de blessures à la tête après des coups de matraque.
Et à Saint-Étienne, un adolescent de 17 ans a perdu une main après l’explosion d’une grenade lancée par les forces de l’ordre. Une enquête doit déterminer précisément les circonstances de ce drame.
Alors, excusez-moi, mais depuis quand un manifestant assis, les mains en l’air, représente-t-il une menace qui justifie qu’on lui tombe dessus ?
Il préparait une attaque avec son postérieur ? Il menaçait la République avec ses dix doigts ?
Ou était-il simplement au mauvais endroit, au mauvais moment, face à une intervention dont la violence mérite d’être examinée ?
Parce que non, une matraque ne devient pas automatiquement légitime sous prétexte qu’elle est tenue par un représentant de l’autorité.
Et non, dénoncer des violences policières ne signifie pas détester tous les policiers. Cela signifie simplement refuser que des abus éventuels soient balayés sous le tapis au nom du maintien de l’ordre.
Un policier blessé mérite justice. Un manifestant frappé injustement aussi. L’un ne doit pas servir à faire oublier l’autre.
Sentinelle, RAID et GIGN : et maintenant, on renforce encore le dispositif ?
Voilà donc ce qui inquiète Madame Râleuse.
Le gouvernement annonce que les militaires de Sentinelle assureront principalement la protection de lieux sensibles, afin de libérer davantage de policiers et de gendarmes pour le maintien de l’ordre.
Le RAID, la BRI et le GIGN doivent également être mobilisés en renfort contre les groupes violents.
C’est l’explication officielle.
Mais après ce qui a été documenté le 17 octobre, on voudrait nous demander d’accueillir cette annonce avec un grand sourire rassuré ?
Pardon, mais les images de personnes frappées au sol ne disparaissent pas simplement parce qu’un ministre prononce les mots « sécurité » et « ordre public ».
Samedi, davantage de forces de l’ordre pourront intervenir plus rapidement.
Très bien, si c’est pour empêcher des individus de piller des commerces.
Mais si cette puissance supplémentaire aboutit à multiplier les charges contre des citoyens qui manifestent pacifiquement ? Si ceux qui lèvent les mains finissent encore par recevoir des coups ? Si des manifestants venus réclamer un salaire décent se retrouvent traités comme des ennemis ?
Alors il faudra poser les responsabilités sur la table.
Car protéger la République ne peut pas signifier faire peur à ceux qui exercent leurs droits.
Samedi 24 octobre : espérons que les manifestants pacifiques ne paieront pas une deuxième fois
Qu’on ne se méprenne pas.
Madame Râleuse ne demande pas que les casseurs puissent agir librement.
Elle demande que les personnes qui ne commettent aucune violence ne soient pas traitées comme celles qui en commettent.
Qu’on ne frappe pas quelqu’un parce qu’il se trouve dans une rue où d’autres ont provoqué des affrontements.
Qu’on ne transforme pas une manifestation en démonstration de force contre toute une population.
Et surtout, qu’on ne nous explique pas après coup que des coups injustifiés seraient simplement les conséquences regrettables d’une journée compliquée.
La violence d’un casseur ne justifie jamais une violence illégitime de la police.
Samedi, les Français auront donc les yeux ouverts. Pas seulement sur les vitrines. Pas seulement sur les casseurs. Mais aussi sur les interventions des forces de l’ordre.
Parce que les violences doivent être dénoncées d’où qu’elles viennent.
Le dernier mot de Madame Râleuse
Alors, monsieur Nuñez, les blindés, les hélicoptères, le RAID et le GIGN, c’est impressionnant.
Mais après les images du 17 octobre, il y a une chose que les Français sont en droit d’exiger :
Que ceux qui viennent manifester pacifiquement puissent rentrer chez eux sans avoir été matraqués, gazés abusivement ou blessés.
Parce que le maintien de l’ordre, ce n’est pas le maintien du silence.
Et que réclamer de quoi vivre n’a jamais été un crime.
« Les casseurs doivent rendre des comptes ? Parfait ! Mais les policiers qui frappent injustement des manifestants aussi ! Parce que la justice, ce n’est pas à sens unique, bordel ! » — Madame Râleuse
Sources :
- Assemblée nationale — 20 octobre 2026 Déclarations officielles de Laurent Nuñez
- StreetPress — 20 octobre 2026 Centaines de vidéos, dizaines de blessés : l’effarant bilan d’un week-end de violences policières
- TF1 Info — 17 octobre 2026 Un manifestant de 17 ans perd une main à Saint-Étienne : enquête confiée à l’IGPN
- Euronews / AFP — 20 octobre 2026 24 octobre : un dispositif de sécurité massif et l’appui des militaires de Sentinelle Détaille les moyens annoncés pour samedi et les missions officiellement prévues pour les militaires.

