Les pneus hiver deviennent obligatoires et une amende de 135 euros peut être appliqué, ou pas. Le décret demeure introuvable. Bienvenue en France, ce merveilleux pays où l’administration peut rendre une chose obligatoire sans réussir à organiser sa sanction. Cette situation dure depuis 2021.
Ah, l’hiver approche !
Les températures baissent, les feuilles tombent, les automobilistes ressortent leurs grattoirs… et l’administration française nous offre son traditionnel numéro de patinage artistique.
À partir du 1er novembre 2026, les équipements hivernaux deviennent obligatoires dans certaines zones montagneuses.
Jusque-là, rien d’extraordinaire.
Face à la neige, le verglas et les routes glissantes, des équipements restent nécessaires.
On comprend parfaitement qu’il faille équiper les véhicules.
Sauf qu’il y a un petit détail. Un tout petit détail administratif.
Cependant, l’obligation existe depuis 2021. Le décret permettant d’infliger l’amende spécifique de 135 euros n’a toujours pas été publié.
Ainsi, cinq ans pour organiser une sanction.
Ainsi, les pneus auront le temps de devenir des antiquités.
Le décret n’aura pas encore trouvé le chemin du Journal officiel.
Pneus hiver 2026-2027 : obligatoires du 1er novembre au 31 mars
Commençons par ce qui fonctionne. De plus, oui, parce qu’il faut savoir reconnaître les miracles.
La loi Montagne impose des équipements hivernaux dans certaines communes situées dans 34 départements montagneux.
Cette obligation s’applique du 1er novembre 2026 au 31 mars 2027.
Par ailleurs, tout le monde le sait.
Les automobilistes concernés doivent être informés :
- Soit quatre pneus adaptés à l’hiver, portant le marquage 3PMSF.
- Soit des chaînes ou des chaussettes à neige adaptées, permettant d’équiper au moins deux roues motrices.
Et non, contrairement à ce que certains titres pourraient laisser croire, il n’est pas nécessaire de remplacer systématiquement ses quatre pneus.
Des chaînes ou des chaussettes à neige dans le coffre peuvent suffire.
Ainsi, elles permettent de respecter la réglementation.
Attention : les 34 départements ne sont pas concernés dans leur totalité. Ce sont les communes désignées par arrêtés préfectoraux qui comptent.
Cependant, sur le principe, tout cela se tient. Ainsi, cela demeure valable.
Mais lorsque l’on arrive à la question des sanctions, notre belle mécanique administrative commence à perdre ses boulons.
Amende de 135 euros pour absence de pneus hiver : le décret joue à cache-cache
Depuis des années, les automobilistes entendent parler d’une amende de 135 euros pour non-respect de la loi Montagne.
Par ailleurs, elle revient régulièrement dans les articles consacrés aux pneus hiver obligatoires.
Sauf qu’au 21 octobre 2026, cette amende spécifique demeure inapplicable, faute de décret instituant la sanction.
D’autre part, loi Montagne 2026, amende pneus hiver 135 euros, décret pneus hiver, équipements hiver 2026-2027 ne s’applique pas encore.
Le ministère de l’Intérieur l’a reconnu lui-même dans une réponse officielle publiée au Sénat le 12 février 2026.
Le gouvernement explique que le dispositif a été appliqué de manière pédagogique, sans sanction, et qu’un décret est nécessaire pour passer à la verbalisation. Magnifique.
Nous avons donc une réglementation parfaitement capable de dire aux citoyens ce qu’ils doivent faire.
Cependant, cinq ans plus tard, il reste incapable d’achever son propre dispositif de sanction.
Pour imposer une obligation, il y a du monde. En revanche, pour terminer la paperasse, visiblement tout le monde est parti monter les chaînes.
Pourquoi le décret sur les pneus hiver n’est-il toujours pas publié ?
Alors là, accrochez votre ceinture. Le gouvernement a donné une explication claire.
Des difficultés techniques concernant certaines catégories de pneumatiques auraient nécessité des discussions.
Par ailleurs, elles auraient aussi entraîné des ajustements réglementaires.
Ces travaux ont notamment abouti à un arrêté publié le 30 octobre 2025.
Cependant, cet arrêté est arrivé tardivement. Le gouvernement explique que le décret concernant les sanctions n’a pas pu être publié en 2025.
Alors, vous suivez ?
Une réglementation instaurée en 2021.
De plus, des difficultés techniques à résoudre.
Par ailleurs, un arrêté à la fin de l’année 2025.
Cependant, à l’approche de novembre 2026, il n’existe toujours pas de décret de sanction.
Cinq ans pour régler une histoire de pneus. Cependant, on ne leur a pas demandé de changer la roue d’un camion sur le bord de l’autoroute!
On nous parle régulièrement de simplification administrative.
De plus, elle aussi attend son décret d’application.
Sans amende, peut-on rouler sans pneus hiver en montagne ?
Cependant, certains pourraient être tentés de transformer cette absurdité administrative en permis de faire n’importe quoi.
Cette dérive doit être évitée.
Non, l’absence d’amende spécifique n’annule pas l’obligation d’équipement.
Les automobilistes doivent toujours respecter la réglementation dans les zones concernées. Cependant, il reste une réalité que même l’administration française ne peut pas modifier par décret : sur une route verglacée, les pneus ne négocient pas avec la physique.
Des pneumatiques dangereux ou en mauvais état peuvent aussi entraîner d’autres sanctions, indépendamment de la loi Montagne 2026.
Donc oui, il faut s’éviter correctement.
Cependant, cela n’empêche pas de poser une question toute simple.
Comment un gouvernement peut-il réclamer aux citoyens le respect scrupuleux d’une réglementation ?
Cependant, il n’a pas encore fini de la mettre en œuvre.
Parce que le problème, ici, ce ne sont pas les équipements de sécurité. Le problème, c’est cette impression permanente de vivre dans un pays où les obligations arrivent toujours à l’heure, tandis que les explications et les textes complémentaires prennent le train suivant.
Loi Montagne 2026 : et si l’État commençait par appliquer ses propres méthodes ?
Imaginez un instant. Ensuite, vous devez passer votre contrôle technique. Puis, vous expliquez gentiment au contrôleur :
« Alors cependant, mon véhicule n’est pas tout à fait prêt, mais comprenez-moi, j’ai rencontré quelques difficultés techniques depuis cinq ans. »
Cependant, vous croyez qu’il vous répondra.
Ainsi, « Aucun souci, monsieur, prenez encore quelques années pour vous adapter » ?
Évidemment que non. Pour les automobilistes, les délais restent les délais. Pour l’administration, on appelle cela une période d’adaptation.
C’est plus élégant tout de suite.
Qu’on ne vienne pas prétendre que critiquer cette situation revient à s’opposer à la sécurité routière. Cependant, cela ne doit pas être interprété comme une opposition à la sécurité routière.
On peut être favorable aux pneus hiver et trouver franchement ridicule qu’une réglementation reste incomplète cinq ans après son entrée en vigueur.
Cependant, les deux ne sont absolument pas incompatibles.
Encore faut-il accepter qu’un citoyen puisse poser des questions. Cependant, sans être immédiatement considéré comme un mauvais élève.
Madame Râleuse : en France, même les décrets ont besoin de chaînes pour avancer !
Finalement, cette histoire de pneus hiver 2026 résume assez bien un certain fonctionnement administratif français.
- On annonce.
- On réglemente.
- On communique.
- On explique.
- On promet la suite.
- Et puis on attend.
Pendant ce temps, les citoyens essaient de comprendre ce qu’ils doivent acheter, où ils doivent s’équiper et ce qu’ils risquent réellement.
Tout cela pour découvrir que la fameuse amende de 135 euros, régulièrement évoquée, ne peut toujours pas être appliquée au seul défaut d’équipement prévu par la loi Montagne.
Alors oui, équipons nos voitures pour l’hiver. C’est du bon sens.
Mais peut-être serait-il temps que ceux qui fabriquent les règles apprennent, eux aussi, à ne pas rester bloqués au premier virage.
Parce que franchement…Cinq ans pour faire avancer un décret sur les pneus hiver, ce n’est plus un retard administratif. C’est une voiture embourbée dans la bureaucratie !
Et pendant qu’ils cherchent encore le mode d’emploi…
Moi, Madame Râleuse, je me demande surtout une chose : quand est-ce qu’on va enfin obliger l’administration à être aussi rigoureuse qu’elle exige des citoyens qu’ils le soient ?
Et vous, que pensez-vous de cette obligation sans amende spécifique ? Une période d’adaptation raisonnable ou un nouveau chef-d’œuvre de notre bureaucratie ? Dites-le en commentaire !
Sources :
- Service-Public.fr — Pneus hiver, chaînes : obligations jusqu’au 31 mars 2027, publié le 20 octobre 2026.
- Sénat — Réponse du ministère de l’Intérieur sur les sanctions, publiée le 12 février 2026.
- Légifrance — Décret n° 2020-1264 du 16 octobre 2020.

