Tout commence avec des images tournées à Amiens, samedi 17 octobre, pendant les manifestations contre la vie chère.
Ainsi, chocolaterie Trogneux CRS Amiens est mentionnée dans ce contexte.
On y distingue plusieurs véhicules des forces de l’ordre.
Par ailleurs, ils sont stationnés près de la chocolaterie Trogneux CRS Amiens, au cœur du centre-ville.
Et cette boutique n’est pas tout à fait une boutique comme les autres. L’enseigne appartient à la famille de Brigitte Macron. Le commerce est dirigé par Jean-Baptiste Trogneux, petit-neveu de la Première dame.
Autant dire que, dans le contexte politique actuel, voir plusieurs fourgons de CRS stationnés devant l’établissement n’allait pas passer inaperçu.
Sur les réseaux sociaux, certains évoquent six fourgons, soit une demi-compagnie de CRS, qui auraient été mobilisés pour protéger le magasin.
Mais précisons une chose essentielle : voir des véhicules devant un commerce ne prouve pas, à lui seul, qu’ils étaient affectés exclusivement à sa protection… ou pas.
Pourquoi ces véhicules se trouvaient-ils précisément là, ce soir-là ?
Et surtout, quels étaient leurs ordres ?
Le syndicat Alliance Police nationale réclame des explications : voilà qui devient intéressant !
Parce que cette fois, la polémique ne vient pas uniquement des internautes.
Elle vient aussi d’un syndicat de policiers.
Le 20 octobre, Alliance Police nationale dénonce publiquement la présence de six camions de CRS devant la chocolaterie.
Le syndicat estime que des effectifs manquaient ailleurs et demande des explications sur leur mission. Qui a donné les ordres ? Pourquoi ces véhicules étaient-ils positionnés à cet endroit ? D’autres besoins opérationnels ont-ils été négligés ?
Voilà des questions particulièrement gênantes.
Car lorsqu’un syndicat de policiers s’interroge lui-même sur l’utilisation des moyens de maintien de l’ordre, difficile de balayer le sujet d’un revers de main en accusant simplement les réseaux sociaux de raconter n’importe quoi.
Et le journal satirique Le Canard enchaîné ajoute une nouvelle couche à l’affaire, en affirmant que des CRS auraient été spécialement mobilisés pour les commerces Trogneux à Amiens et au Touquet.
Si ces accusations étaient confirmées, ce serait évidemment une tout autre histoire qu’un simple stationnement de fourgons.
Mais encore faut-il en apporter la preuve.
Pendant ce temps, près de 3 000 commerces touchés par les violences du 17 octobre
Et c’est là que la polémique devient véritablement explosive.
Selon le ministre du Commerce, au moins 3 000 commerces ont été touchés par des dégradations ou des pillages en France lors des violences du 17 octobre.
Trois mille. Ah cela rappelle, un chiffre celui de la dette de la France .
Derrière ce chiffre, il y a des commerçants qui ont passé des années à construire leur activité. Des employés qui se demandent quand ils pourront reprendre le travail. Des familles qui découvrent les dégâts, parfois sans savoir comment elles vont s’en relever… Et un peuple qui se divise !
Et surtout, des gens qui ne possèdent ni grand nom, ni relations prestigieuses, ni proximité avec l’Élysée.
C’est justement pour cela que le débat mérite mieux que quelques slogans.
La préfecture de la Somme dément toute protection privilégiée de la chocolaterie Trogneux
Et voici maintenant le rebondissement.
Mardi 20 octobre, la préfecture de la Somme publie un communiqué pour démentir l’accusation d’une protection spécialement réservée au magasin Trogneux. Selon elle, une compagnie de CRS a été envoyée en renfort à Amiens dans la soirée du 17 octobre, après plusieurs heures de tensions autour des rues commerçantes.
Sa mission aurait été de sécuriser l’ensemble des commerces du centre-ville, et non uniquement la chocolaterie.
La préfecture précise que les véhicules étaient positionnés notamment place Gambetta et à proximité de la gare pour faciliter les interventions.
Voilà donc la version officielle. Les CRS n’auraient pas été là pour surveiller les macarons, mais pour protéger un secteur commercial entier.
Une explication possible, puisque la chocolaterie se trouve à proximité de la place Gambetta et qu’elle a déjà été prise pour cible en 2023.
Mais protéger un commerce exposé n’est pas la même chose que lui accorder un privilège.
Et c’est précisément ce qu’il faut éclaircir.
Boutique Trogneux et CRS : une protection à deux vitesses ou un déploiement mal compris ?
Alors qui croire ?
Le syndicat Alliance, qui réclame des explications sur la présence des véhicules ? Le Canard enchaîné, qui rapporte une protection spécialement organisée ? Ou la préfecture, qui affirme que les CRS protégeaient toute la zone commerciale ?
Pour l’instant, les images ne suffisent pas à trancher définitivement. Mais une chose est certaine : une réponse officielle ne devrait pas empêcher de poser des questions supplémentaires.
Il serait utile de connaître le détail du déploiement, les missions attribuées aux unités, les horaires d’intervention et les différents secteurs sécurisés.
Pas pour désigner des coupables à l’avance. Mais pour comprendre. Parce qu’au milieu de tout cela, une question dépasse très largement les macarons d’Amiens.
La sécurité des citoyens dépend-elle uniquement des risques constatés sur le terrain, ou certains établissements bénéficient-ils d’une attention particulière ?
Une démocratie devrait pouvoir répondre à cette question avec des faits précis.
Sans indignation automatique.
Mais sans demander non plus aux citoyens de fermer les yeux.
Madame Râleuse : les macarons méritent-ils plus de protection que les petits commerçants ?
Soyons parfaitement clairs. La chocolaterie Trogneux a le droit d’être protégée. Comme une boulangerie. Comme une pharmacie. Comme la petite boutique de vêtements du coin. Comme n’importe quel commerce menacé par des casseurs.
Ce que personne ne devrait accepter, en revanche, c’est que la proximité avec le pouvoir puisse devenir un critère de priorité, si jamais cela était démontré.
Et voilà pourquoi cette affaire mérite d’être examinée jusqu’au bout.
On ne peut pas reprocher aux Français de s’interroger lorsqu’ils découvrent des images de nombreux véhicules policiers devant une enseigne liée à la famille présidentielle, au lendemain d’une mobilisation marquée par des milliers de commerces endommagés.
Il ne suffit pas de répondre « circulez, il n’y a rien à voir » lorsqu’il y a justement plusieurs fourgons à regarder ! Surtout avec un gouvernement qui n’écoute plus ces citoyens.
La préfecture a donné sa version. Alliance a demandé des comptes. Il reste à confronter tout cela aux éléments opérationnels.
Parce que les Français ne réclament pas des privilèges. Ils réclament une sécurité qui ne fasse pas de distinction entre un nom célèbre et un commerçant anonyme. Et pendant ce temps de nombreux manifestants se sont fait tabasser sans aucune raison.
Et si, demain, les moyens policiers étaient réellement insuffisants pour protéger tout le monde, il faudrait au moins pouvoir expliquer publiquement comment les priorités ont été choisies.
En attendant, je vais vous laisser avec une petite réflexion.
Dans une République où tout le monde est censé être égal, ce serait quand même un comble qu’une boîte de macarons semble mieux entourée qu’un commerçant qui vient de perdre toute sa boutique.
Le problème n’est pas que les chocolats Trogneux soient protégés. Le problème serait que les autres commerçants ne puissent pas compter sur la même République.
Et ça, pour Madame Râleuse, c’est une question qui mérite autre chose qu’une réponse emballée dans du joli papier cadeau.
Et vous, que pensez-vous de ces images ? Simple positionnement stratégique des CRS ou affaire qui mérite une véritable enquête ?
Dites-le en commentaire. Madame Râleuse attend vos réactions !
Sources :

