Bienvenue en France, où ouvrir un commerce nécessite désormais trois choses : un business plan, une assurance… et apparemment des nerfs d’acier pour ne pas finir en héros de film d’action !
Parce que pendant que certains commerçants voient leur travail partir en morceaux, des manifestants pacifiques dénoncent des coups reçus lors d’interventions policières.
Et moi, il y a une question qui me démange sérieusement :
ON NE SE SERAIT PAS UN PEU TROMPÉ DE CIBLE ?
À Grenoble, un homme sort une arme pour empêcher le pillage d’un Carrefour City
Samedi 24 octobre 2026, Grenoble. Des individus s’attaquent à un Carrefour City situé à l’angle du cours Jean-Jaurès et de la rue Génissieu. Les vitres sont prises pour cible. Des personnes tentent de pénétrer dans le commerce alors que le rideau métallique descend. Et soudain, un homme qui semble chargé de protéger le magasin brandit une arme de poing. La foule recule.
Selon un témoin interrogé par Le Dauphiné Libéré, l’homme paraissait paniqué et semblait agir en dernier recours. On ignore encore s’il s’agissait du gérant, d’un vigile ou d’un autre responsable. L’arme pourrait également être factice.
Mais une chose saute aux yeux : on en est arrivé à voir un homme brandir une arme pour empêcher qu’un commerce soit pris d’assaut. Formidable évolution du métier !
Avant, le commerçant devait gérer les stocks, les fournisseurs et les clients mécontents. Maintenant, il doit aussi se demander s’il va pouvoir fermer sa boutique sans se retrouver face à une bande de casseurs. Bientôt, dans les offres d’emploi :
« Recherche vendeur polyvalent. Expérience en caisse appréciée. Sang-froid face aux tentatives de pillage indispensable. »
Commerçants qui s’arment : quand la protection devient une option payante
Et Grenoble n’est pas un cas isolé.
À Toulouse, un commerçant traumatisé par les violences du 17 octobre a acheté plusieurs dispositifs de défense.
À Paris, les armuriers constatent une hausse des ventes d’aérosols de défense. À Lyon, Lille et Marseille, des commerçants se renseignent également sur différents équipements.
Pendant ce temps, la préfecture de police de Paris a conseillé à certains commerces de renforcer leur sécurité, notamment en faisant appel à des vigiles privés.
Ah, merveilleux ! Donc le commerçant paie ses impôts, ses charges, son assurance, son loyer… Et maintenant, il faudrait ajouter l’option « Protection contre le pillage », à régler de sa poche ?
Un vigile à l’entrée, un maître-chien derrière la caisse et pourquoi pas un mirador au rayon yaourts ?
La Fédération française des associations de commerçants affirme pourtant avoir alerté le gouvernement dès le 5 octobre sur les risques de violences.
Et le 17 octobre, selon le bilan communiqué par le ministère de l’Intérieur, plus de 1 500 commerces ont été touchés.
On avait les alertes. On connaissait les risques. Et des commerçants ont quand même vu des années de travail partir en fumée.
Il serait peut-être temps de revoir la formule « anticiper les risques ». Parce qu’anticiper, ce n’est pas attendre que la vitrine soit cassée pour conseiller au propriétaire d’acheter une meilleure serrure !
Manifestants pacifiques frappés, commerces pillés : mais où étaient les priorités ?
Et voilà ce qui me met particulièrement en colère. Le 17 octobre, des manifestants pacifiques ont été grièvement blessés lors d’interventions policières. Un street medic a été violemment interpellé à Paris. Une enquête de l’IGPN a été ouverte. D’autres interventions font également l’objet d’investigations.
Pendant ce temps, des dizaines de commerces étaient pillés dans plusieurs villes.
À Marseille, le maire Benoît Payan a même dénoncé une situation dans laquelle des forces de l’ordre avaient été envoyées contre des manifestants pacifiques alors que des magasins subissaient des pillages.
Alors je pose une question toute simple :
Est-ce qu’on pourrait réserver les interventions musclées à ceux qui cassent, pillent et agressent, plutôt qu’à ceux qui manifestent pacifiquement ? Ça paraît fou, je sais.
Évidemment, tous les policiers ne sont pas responsables de ces violences. Beaucoup ont eux-mêmes été blessés et certains dispositifs ont été débordés.
Mais justement ! Ce n’est pas une raison pour laisser les erreurs d’organisation sans réponse.
La mission du maintien de l’ordre, c’est de protéger les personnes et les biens. Pas de réussir la moitié du programme en oubliant l’autre !
Légitime défense des commerçants : protéger son magasin, puis devoir se justifier devant la justice ?
Et voici la question qui risque de devenir particulièrement délicate. Que se passera-t-il lorsqu’un commerçant, poussé à bout, décidera de se défendre ?
Car attention, en France, la légitime défense est encadrée. La riposte doit être nécessaire, immédiate et proportionnée. Pour la défense des biens, la loi prévoit des conditions particulièrement strictes.
Le Code pénal reconnaît même une présomption de légitime défense face aux auteurs de vols ou de pillages commis avec violence, mais cela ne signifie pas qu’on peut utiliser n’importe quel moyen. Et heureusement : personne n’a envie de transformer nos centres-villes en westerns !
Pour autant, imaginez le désarroi d’un commerçant qui voit des individus attaquer son magasin. Il doit protéger ses salariés, éviter que la situation dégénère, préserver son outil de travail… et réfléchir en quelques secondes à ce que la justice considérera comme proportionné. Sacré exercice !
Il faudrait presque lui fournir un avocat dans le kit de bienvenue de la Chambre de commerce.
« Bonjour, vous souhaitez ouvrir une boutique ? Voici votre numéro SIRET, votre extincteur et le Code pénal. Bonne chance ! »
Concernant l’homme filmé à Grenoble, aucune poursuite n’est confirmée à ce stade. Mais l’interrogation demeure : pourquoi des commerçants devraient-ils en arriver à envisager de se défendre eux-mêmes ?
Monsieur Macron, on protège les vitrines ou on attend que les commerçants sortent les armes ?
Alors, monsieur Macron…
Les commerçants veulent travailler. Les manifestants pacifiques veulent exprimer leurs revendications. Les policiers veulent pouvoir remplir leur mission dans des conditions adaptées.
Et les casseurs ? Eux, ils profitent du chaos pour se servir gratuitement !
Vous ne trouvez pas qu’il y a un petit problème dans la répartition des rôles ?
Parce qu’à ce rythme, la prochaine fois qu’un commerçant ouvrira sa boutique, il lui faudra peut-être un casque, un bouclier et un diplôme de négociateur de crise.
Tout ça pour vendre des pâtes et du papier toilette !
On ne demande pas aux policiers de protéger les vitrines à coups de matraque sur les manifestants pacifiques.
On leur demande de pouvoir arrêter les casseurs, protéger les commerces et laisser les citoyens exercer leur droit de manifester.
Et cela suppose que les autorités organisent correctement les moyens disponibles.
C’est quand même incroyable qu’en 2026, on en soit à expliquer qu’un commerçant n’est pas un agent de sécurité et qu’un manifestant pacifique n’est pas un délinquant !
Madame Râleuse — La République devrait protéger ceux qui travaillent et ceux qui manifestent pacifiquement… pas les laisser se demander lequel finira à l’hôpital et lequel à la caisse des assurances !
Sources
- Le Dauphiné Libéré, 24 octobre 2026 — Un homme brandit une arme devant un Carrefour City à Grenoble
- TF1 Info, 22 octobre 2026 — Des commerçants s’arment pour se défendre
- Le Monde, 20 octobre 2026 — Les défaillances du dispositif de maintien de l’ordre
- Le Parisien, 21 octobre 2026 — Un street medic violenté, l’IGPN saisie
- Service-Public — Les conditions de la légitime défense
