Ah, le 17 octobre ! Les vitrines cassées, les voitures brûlées, les magasins pillés… On a vu les images en boucle.
Mais voilà qu’un autre bilan apparaît.
DIX enquêtes confiées à l’IGPN par le parquet de Paris !
Tiens donc ! Il semblerait que les manifestants n’aient pas eu le monopole des comportements nécessitant une enquête.
Et là, bizarrement, le scénario devient un peu moins confortable.
Dix enquêtes IGPN : le maintien de l’ordre aussi sous surveillance
Oui, dix enquêtes judiciaires.
Bien entendu, une enquête ne constitue pas une condamnation. Elle doit établir les faits et les éventuelles responsabilités.
Mais lorsqu’on en arrive à examiner autant d’interventions policières, il serait tout de même intéressant de regarder ce qui s’est passé.
Parce que la matraque, contrairement à une baguette magique, n’efface pas les questions en s’agitant !
Un street medic frappé : soigner les blessés, une activité à haut risque ?
Parmi les affaires examinées, celle d’Antoine, 26 ans, secouriste bénévole lors de la manifestation parisienne.
Le 17 octobre, place de la République, des vidéos le montrent face aux forces de l’ordre.
Des coups de bouclier, des coups de matraque, du gaz lacrymogène, une chute au sol, puis son corps traîné sur la chaussée.
Des témoins signalent qu’il s’agit d’un street medic.
Résultat : un traumatisme crânien diagnostiqué après les faits, selon son témoignage.
Il est vivant, contrairement à la rumeur qui annonçait sa mort. Et heureusement !
Mais alors, petite question.
Depuis quand une intervention de maintien de l’ordre peut-elle aboutir à des images pareilles sans soulever de sérieuses interrogations sur la proportionnalité de la force employée ?
On connaît les gestes qui sauvent.
Là, une enquête devra notamment établir si les gestes des policiers étaient légalement justifiés.
Une chose est certaine : le parquet a jugé les éléments suffisamment sérieux pour saisir l’IGPN.
Et les 36 enquêtes précédentes ? Un détail dans le décor ?
Le 13 octobre, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez indiquait déjà que 36 enquêtes avaient été ouvertes par l’IGPN depuis le début de la mobilisation lycéenne.
Parmi elles, quatre concernaient des blessures mutilantes et six des blessures significatives. Et maintenant, ces dix enquêtes annoncées à Paris en lien avec le 17 octobre.
Attention, ce sont des bilans portant sur des périodes et périmètres différents : pas question de fabriquer un total trompeur.
Mais les chiffres posent une question.
Qui examine le maintien de l’ordre avec autant d’attention que les dégâts matériels ? Un abribus brisé, ça se photographie. Une vitrine cassée, ça se chiffre.
Mais une blessure irréversible, ça ne se remplace pas avec un devis de vitrier !
Protéger les citoyens : tous les citoyens !
Soyons clairs.
Les policiers blessés méritent protection et justice. Les commerçants dont les boutiques ont été pillées aussi. Et les manifestants victimes d’un usage illégal de la force ?
Exactement la même exigence !
La loi n’est pas censée changer selon le côté du bouclier où l’on se trouve.
Si un manifestant commet des violences, il doit répondre de ses actes. Si un policier commet des violences injustifiées, il doit également en répondre.
C’est pourtant simple à comprendre. Pas besoin de créer une commission spéciale pour découvrir que la justice doit être la même pour tous.
Il serait temps de regarder toutes les images !
Alors, une proposition toute bête.
Quand on diffuse les images des magasins saccagés, pourquoi ne pas montrer aussi les interventions policières faisant l’objet d’enquêtes ?
Pas pour accuser systématiquement les forces de l’ordre.
Pas pour excuser les casseurs. Mais parce qu’un pays démocratique doit pouvoir regarder toutes les violences en face. Même celles qui dérangent.
Parce que défendre l’ordre public, ce n’est pas donner un chèque en blanc. Et défendre la liberté de manifester, ce n’est pas fermer les yeux sur les pillages.
Madame Râleuse — Une vitre cassée se remplace. La confiance dans la justice, elle, se répare beaucoup moins facilement !
Sources

