Ah, enfin une bonne nouvelle !
De quoi presque faire le plein sans avoir besoin de vendre un organe au préalable.
Et cinq jours plus tard, TotalEnergies arrive avec sa calculatrice :
« Finalement, chez nous, ce sera plutôt 8 à 12 centimes. »
Ah. La baisse n’est même pas encore arrivée à la pompe qu’elle a déjà perdu quelques centimes en route. Même les bonnes nouvelles ont maintenant des frais de livraison.
10 millions de barils pour gagner 4 à 6 euros
Prenons un plein de 50 litres.
Avec 8 centimes de baisse : 4 euros économisés. Avec 12 centimes : 6 euros.
Voilà. Dix millions de barils sortis des réserves stratégiques pour que Gérard puisse peut-être récupérer le prix d’un paquet de café.
Et si vous aviez retenu les fameux 18 centimes annoncés au départ, c’est votre faute. Il fallait omettre de lire la préposition « jusqu’à ». Le mot préféré des promotions, des opérateurs téléphoniques et, visiblement, désormais du carburant.
La pénurie est finie ? Sortez quand même les réserves
Parce qu’il y a tout de même un petit détail amusant.
On nous explique que la situation de l’approvisionnement s’améliore. Très bien. Mais dans le même temps, on sort 10 millions de barils des stocks stratégiques. Vous savez, ces stocks que l’on garde précisément… quand la situation n’est pas vraiment normale.
Donc la pénurie va mieux. Tellement mieux qu’on ouvre les réserves d’urgence.
C’est un peu comme annoncer que l’incendie est maîtrisé tout en faisant arriver dix camions de pompiers supplémentaires. Mais ne chipotons pas. Tout va bien.
« Tout le monde doit jouer le jeu »
Le gouvernement promet également de contrôler les distributeurs pour vérifier que la baisse arrive bien jusqu’à la pompe.
Serge Papin a prévenu :
« Tout le monde doit jouer le jeu. »
Mais quand l’État explique que « tout le monde doit jouer le jeu », le Français sait généralement qu’à la fin… c’est lui qui achète les jetons.
TotalEnergies assure bien vouloir répercuter l’avantage, mais estime simplement que la baisse réelle sera moins spectaculaire que prévu. Donc personne ne triche. On ne joue juste pas avec les mêmes chiffres.
Et après ?
Les réserves devront ensuite être reconstituées. Évidemment. Les barils ne repoussent pas pendant la nuit. Le gouvernement attendra que les prix soient plus favorables pour les remplir à nouveau.
Autrement dit : on vend aujourd’hui du carburant acheté moins cher hier, en espérant ne pas devoir le racheter très cher demain. Plan impeccable. À condition que demain coopère.
En attendant, les automobilistes devraient gagner quelques centimes à partir de novembre. C’est toujours ça.
Mais résumons quand même l’exploit :
- 10 millions de barils.
- Des stocks stratégiques ouverts.
- Des contrôles chez les distributeurs.
- Et au bout : 4 à 6 euros économisés sur un plein.
Qu’on se le dise, c’est pas avec cela que le caddies va enfin moins paraître anorexique !
Alors profitez-en. Et surtout, prenez une photo du panneau. Un prix du carburant qui baisse, ça pourrait bientôt devenir collector.
Source : TF1 – TotalEnergies s’engage à baisser les prix du gazole de 8 à 12 centimes pour les particuliers

